Un coup de soleil et coups de tonnerre
Dans ma famille, on est tous un peu givré.
Gravement secoué même.
On s'adore.
Et à ce titre, on ne se rate pas
Jamais.
Si l'occasion de vanner est là, on se fait un devoir de le faire
Et j'avoue que ça vire souvent à la grande chamaillerie familiale, mais toujours avec beaucoup d'humour !
Ce we, de retour dans ma famille, je profite d'être seule avec ma famille le temps d'un repas dans le jardin.
Sont présents les meilleurs :
Bicou, toujours en semi-révisions pour le bac
Dicou, toujours aussi replet et obnubilé par la lecture
Gamin, qui shoote aussi bien dans les ballons que dans les vitres
Mon oncle, surnommé Book' et son fils, Mini-Book'
Mon père, en chemise fluo bleue cette fois-ci, cigare à la bouche et sourire jusqu'aux oreilles
Ma mère, dite la Vénusienne, parce qu'elle a mis du papier alu pour couvrir ses cheveux fraichement badigeonné par mes soins, de produit colorant.
Tous les coups sont permis
Le but ?
S'amuser et rire, du cocace au loufoque en passant par le dramatique.
Extrait du repas
- Si tu me colles une claque dans le dos, je te pulvérise ta petite face de rat pourri (ton menaçant)
Dicou - 12 ans et toutes ses dents - suspens son geste, soupèse le pour et le contre
A mon regard torve, il riposte par un sourire éclatant de pure innocence.
- Ohh ma petite Carolinette-choubi-choubi que j'adore !
- Fais gaffe à toi, mon p'tit gars. Pas de pitié pour les petits gorets rampants ! Si tu me tapes, ta vie va s'arrêter prématurément. Et on marquera sur ta pierre tombale « Dicou, victime de sa sœur »
Vexé, mon frère attrape un magazine ouvert à une page thématique de l'agriculture
- Regarde (me montre une vache), ton miroir !
Mine de ne rien avoir entendu :
- Oh dicou, tu ne m'avais pas dit que tu faisais du mannequinat ! (ton de pure innocence)
- Les enfants, à taaaaaable ! Y'a le dessert !
Bruits de galopades, accompagnés de cris, de « pousse-toi, grosse tâche » et de « retourne chez ta mère crétin », saupoudré de « je vais t'arracher les poils du c*l si tu lâches pas mon pied, c*nnard ! »
Mon oncle, mon père, ma mère et moi, sagement assis autour de la vaste table du jardin, nous regardions pousser les bourgeons des abricots, en écoutant le silence qui y régnait.
- Mamaaaaaaaaaaaaaaaan ! Gamin, il a joué avec mes jouets et maintenant il veut pas les ranger !!!
- C'est pas vrai (entend des coups mats)
- Mamaaaaaaan ! Il m'a tapé !
- Sale cafard ! Je vais t'écraser la figure !!
(bruits de bataille)
(volume sonore augmentant)
(volume sonore dramatique)
Ma mère intervient
- Les garçons, ne vous disputez pas ! Venez manger votre dessert !
Et elle reprend sa conversation avec mon père, nature.
Mon oncle s'en mèle :
- Ne vous entre-tuez pas, après c'est votre mère qui nettoie. (ricane) Faîtes plutôt ça dehors, que ça arroses ses plantes !
Ma mère - sa sœur - lui jette un regard éloquent.
- Ah que c'est malin ! Tu veux que je te fasse pareil ?
Et zou, la bataille commence entre mon oncle qui se tient le ventre de rire et ma mère, qui lui arrange verbalement le portrait.
Je décide de bouger un peu de la table.
Hurlements d'horreurs lorsque je me lève.
Ma mère : - Oh lalalala, ma chérie ! Ton dos !!
Mon père : - Carole, non mais franchement ! A ton âge ! Pourquoi n'as-tu pas mis de crème !
Mon oncle, tordu de rire sur sa chaise
- Je crois que l'ectoplasme a pris un coup de soleil ^^ Comme quoi, tout est possible
- Je ne pensais pas prendre un coup de soleil ! (à mon oncle) Arrête de rire, Fumseck, tu peux parler, tiens avec ta jambe de troll mal vissée.
NDL : l'année dernière, mon oncle a été opéré du genou. 6 mois de rééducation. Il a marché bizarrement pendant un sacré bout de temps !
Mon oncle passe à l'action
- Alors, hypo, tu vas avoir mal, hein !
NDL : mon oncle me surnomme hypo, abréviation non pas d'hippopotame, mais d'hypocondriaque. Parce que je râle, je me plains, je geins... bref, jamais contente, toujours un truc de travers. Hypocondriaque. CQFD
Ma mère : - tiens, c'est vrai. Tu ne t'es pas plainte aujourd'hui !
Mon père : - elle couve un truc, c'est sur
Mon oncle : - Alors, hypo, ou on a mal aujourd'hui ?
- Merci du soutien, parents ! Tonton, tu souffres de la langue, toi ? A force de dire toutes ces âneries, ça use, non ?
Le téléphone sonne
Bruit de calvacade dans la maison
Gamin décroche
- C'est mamiiiiie, elle veut qu'on aille manger son gâteau d'anniversaire chez elle maintenant !
Ma mère, à mon père
- Ah non ! Je ne veux pas y aller ! Dis lui euh... dis lui que je suis occupée !
Mon oncle :
- Ah ah ahahahahahahahahaha... Bin alors, soeurette, tu fuis ta belle mère ? (ton goguenard)
Ma mère lève les yeux au ciel
- Comme si tu ne faisais pas pareil !
- Ah non, je l'adore ma belle mère
- C'est donc pour ça que pendant tes vacances, tu as suivi ta femme chez sa mère, au lieu de venir dans le sud ! (raille raille)
- C'est différent, je voulais que Mini Book - son fils - profite du soleil. En Normandie, le soleil, c'est optionnel.
- Bien sur (ton railleur)
Mon père : - Tu veux venir chez ta grand-mère, toi ?
- Bah oui, quand même ! 80 ans, ça se fête !
Chez ma grand-mère :
- Je veux du vin !
- Non, Gamin.
- SIII je te dis que je veux du vin !
- Et moi je te dis non ! Papa, tu interviens s'il te plait ?
Mon père ce perroquet : - Gamin, écoute ta sœur. Pas de vin
- Même pas mon petit doigt
- Surtout pas ton petit doigt, face de crayon tordu !
Je me tourne vers Dicou
- Dis don, petit goret, vas-y mollo sur la portion du gateau à la crème. Bientôt, tes bourrelets de graisse ne pourront plus passer la porte !
- Han Han Han, tu te crois drôle ? Quand on a une face de poulpe et un dos de homard frit, on évite de la ramener
- Pffff, sot, va !
Ma grand-mère pendant ce temps, cuisinait mon frère Bicou à la sauce « tu fréquentes ou quoi ? »
- Tu comprends, nous avions des espoirs en ta sœur. Mais toi, TOI, tu fréquentes ? C'est de ton âge, tout ça !
- Ah ha ! Mamie ! Tu parles encore de moi ! Tu sais, moi, je fréquente ^^
- AAAAH ne me parle pas de toi ! Je sais bien que tu fréquentes ! Mon dieu, quand j'y pense !
Je lève les yeux au ciel !
- Mamie, même papa - son fils - s'entend super méga bien avec mon Amoureuse ! Tu pourrais t'y mettre, tu sais !
(s'enrobe dans sa dignité)
- JAMAIS ! Ton père tolère ça ? C'est atroce ! Mon fils ! Viens ici ! Comment c'est possible ! J'ai honte que mon propre fils me fasse ça (mime un coup au cœur)
Mon père : - Maman, c'est ma fille et c'est la vie qu'elle s'est choisie. Si elle est heureuse comme ça, c'est parfait pour moi. Et puis, elle est bien sa copine, tu sais
Voyant l'orage gronder, mon père s'esquive.
Ma grand-mère s'échauffe, court après mon père qui repars débarrasser dans la salle à manger.
Solidaire, je suis mon père
Mamie continue de râler derrière
J'attrape le bras de mon père, qui pour se débarasser de moi tourne autour de la table.
Ma grand-mère nous suit
Mon grand-père, peu bavard, s'écarte du passage.
Gamin et Dicou se tapent dessus au milieu pour savoir qui pique les décorations du gateau.
Bicou en profite pour siroter le Monbazillac ni vu ni connu
Mamie ne lâche pas l'affaire, c'est notre second tour de table
Mon père, hilare, s'éclate
- Papa, fais quelque chose !
Ma grand-mère : - ... Ta tante - la sœur de ma grand-mère - me disait encore « Heureusement que ce n'est pas arrivé aux filles de mon fils - le cousin de mon père donc » ! Seigneur ! Tu vas dire quoi à ton cousin, sur ta fille ? Mon Dieu, nous avions tellement de projets pour toi ! (se désole)
Je freine
- Ah bon lesquels ?
- Un mari, des enfants !
- Pffff ! C'est trop simple pour moi ça !
Mon père éclate de rire
- Ca, c'est bien vrai ma fille ! C'était trop simple pour toi !
Ma grand-mère se met à pleurer - sa dernière carte
- Tu étais mon soleil, mon dieu, j'aurai tout fait pour toi ! TOUT !
Je re-lève les yeux au ciel
- Oh lalalala, mamie !! Tu vas pas pleurer à chaque fois ! C'est pas grave, tu sais ! Je le vis très bien moi, (sourire à la Brice)
Ma grand-mère me jette un regard noir
- Quand je pense comme tu es belle ! Regarde ce que tu es devenue !
- Bin quoi (me tourne vers Bicou qui faisait la carpe près de la tapisserie, avec Gamin autour de sa jambe), je suis toujours aussi belle, non ?
Bicou : - oui, oui, toujours aussi moche !
Il rigole
- Espèce de tête de nœud, Bicou !
- Ah ma petite sœur chérie ! Et comment elle va, la grande ?
NDL : mon frère appelle mon Amoureuse comme ça.
Ma grand-mère : - ne me parle pas d'elle ici !
Mon frère et moi continuons comme si de rien n'était
Ma grand-mère lève les yeux au ciel et apostrophie son mari
- Pourquoi tu dis rien, toi ?
Mon grand-père : - Ah moi, je ne dirais rien de toute façon. Ils font ce qu'ils veulent, ça ne me regardent pas
- De toute façon, tu ne fais jamais rien et patati et patata
Là, je me suis dit que vu l'ambiance, c'était le parfait moment de lacher
- Oh très bien. D'ailleurs Bicou, tu voudras être mon témoin ? On se marie l'année prochaine avec mon Amoureuse.
Mais je me suis retenue à temps
Le jour de l'anniversaire ma grand-mère, ça ne fait pas
Surtout, je ne veux pas avoir sa mort sur ma conscience ! ^^
Surtout le jour de ses 80 ans!
Par Carole Audrey Victoria, Lundi 28 Avril 2008 à 10:44 GMT+2 dans Mes frères, une bande de terreurs (article, RSS)










