La dure vie d'une rebelle
(regarde à droite discrètement)
(regarde à gauche mine de rien)
(scrute P'ti Collègue Canon en face d'elle)
(tend l'oreille)
(n'entend pas des pas qui se rapprochent)
(voit quelqu'un se lever)
(fais semblant de pianoter)
(se racle la gorge)
La voie est libre, je peux blogguer en paix.
(sourit)
Ah mes neveux enfants, quelle stratégie pour venir sur mon blog!
Ma bonne résolution de l'année était justement de moins blogguer.
Traduction: d'être moins dépendante de vous, de vos mots, de vos billets et des écrits en général.
On peut dire ma pauv'Lucette, que c'est raté.
Merveilleux, non, vraiment.
(regarde les environs)
(RAS: ouf)
J'ai du taf les enfants.
Par dessus les moulins.
Euh non, ce sont les bonnets qui partent au dessus des moulins.
C'est quoi déjà l'expression? Jeter son bonnet par dessus les moulins?
(réfléchit intensément)
Non, ça ne doit pas être ça.
(réfléchit encore)
(essaye plusieurs combinaisons)
Jeter son porte-jarretelle? Non.
Son béret? Non plus.
Bref.
Mon travail, j'aimerai bien le jeter par dessus les moulins.
Mais je ne peux pas!
Par contre, ma mère, hier, ce n'est pas au dessus des moulins que je l'ai jeté.
Mais carrément dans les ronces.
Si, si!
Voyez-vous, j'aime magouiller.
(ricane comme un ganster)
Là, en l'occurence, je voudrai un vélo pour gagner du temps en trajet.
Je rappelle que je prend le train pour me rendre à mon travail.
Et qu'ensuite, ce sont mes pieds - chaussés dans mes superbes bottes Niac Niac Niac - qui me transportent - tout en légèreté de ma démarche sexy - jusqu'à mes quartiers généraux.
Le soir, à 6 minutes près, je rate LE train qui me permettrait d'arriver à 18H20 dans les bras de mon Amoureuse.
Je rage, je peste.
Je dois trouver une solution.
Cogitation extrême.
Solution: si j'ai un vélo, je peux aller plus vite.
... et arriver à choper LE train que je veux.
Alléluia!
Sauf que je manque cruellement de l'élément essentiel!
C'est à dire d'un... vélo!
Fichtre, c'est rageant, n'est ce pas?
A 2 doigts du miracle...!!
(tape des pieds par terre)
(cogite, cogite)
Ah!!
(illumination)
Mais il y a un vélo chez mon papi!
Youpi Tralalala!
Sauf que ce vélo appartient à ma garce de mère
Petit historique cycliste cyclique :
Ce vélo de ville a été offert à Noël par mon père, à sa harpie de femme, il y a 3 ans.
Sur ces 3 ans, il a été utilisé 20 fois... par mon oncle en convalescence du genou.
NDL: trop longue histoire, pas de digression, je vous raconterai plus tard ^^
Le caprice de ma mère a donc couté 2 000€ à mon père sans jamais qu'elle s'en serve.
(sans commentaire, merci)
Depuis donc, il prend l'air la poussière et les toiles d'araignées dans le garage de mon papi.
Parce que chez moi, mon garage est archi-comble.
Je prémédite donc son kidnapping en règle.
J'ai le local pour le stocker
Les cadenas et anti-vol,
L'accord de ma chef.
Bref tout va bien dans le plus beau des mondes.
C'est sans compter ma odieuse génétrice.
Ma mère a eu vent de l'histoire.
Quelqu'un a moufté.
(ton dégouté)
Ce quelqu'un est mon andouille de père.Celui-là il ne perd RIEN pour attendre, je vais l'écharper vivant(sourire angélique de douceur)
Mon Amoureuse et moi sommes donc dans la cuisine, lieu d'affrontement.
Mon père arrive, nous regarde, sens le roussis et prend ses jambes à son cou repars aussitôt se mettre à l'abri
- Moi, je ne veux pas rentrer là dedans, marmonne-t-il dans sa fuite.
Dans la cuisine, la bataille fait rage.
Qui va l'emporter?
- De toute façon, que tu me l'ai demandé avant ou maintenant, ma réponse n'aurait rien changé. C'est non
(superbe sourire pourri-méchant de ma mère)
- Maman, tu ne t'en sers pas! Laisse moi au moins te dire pourquoi j'en ai besoin!
- Je me fiche complètement de tes raisons. Ma réponse est non. Point final.
- Personne ne l'utilise!
- C'est à moi et j'ai dit NON
Je ne vis pas à Dijon.
Mais la moutarde, ça me connait.
Et ça monte vite.
Ma mère a poussé le comble à débouler dans l'instant chez son père - mon grand père - pour lui sommer de lui rendre son vélo.
La voilà qui revient toute guillerette avec.
La question est de savoir ou le stocker.
Je la regarde hésiter.
Finalement, c'est un tronc d'arbre qui fera office de porte-vélo.
Sous la pluie.
(se rappelle le montant du vélo)
(se rappelle pourquoi sa mère est allée chercher le vélo)
(rigole de la situation cocasse)
- Tu es allée le chercher, tu le ramènes ici alors que je ne sais pas si tu as jeté un oeil dans le garage, mais tu n'as pas de place pour l'entreposer, mais tu l'as fais quand même parce que c'est ton jouet et que tu veux emmerder ta fille au maximum. C'est un caprice, ça, maman. Et tu es ridicule.
(sent que son nez la démange)
(respire pour garder son calme)
- Crois ce que tu veux, je m'en fiche.
Patiente, je récapitule:
- Tu ne l'as jamais utilisé, il est dans le garage de ton père depuis des temps immémoriaux, jamais tu n'y penses mais là brusqument, tu fais une crise. Tu sais quoi? J'aurai du faire le coup en douce, tu ne l'aurais jamais su et tout le monde aurait été content.
- C'est à moi et je ne veux pas que tu le prennes... Tu veux rester déjeuner?
- Surtout pas. Je ne veux SURTOUT PAS être à la même table que toi, tu m'entends?
(regarde sa mère)
(est lancée)
(ne s'arrète pas)
(continue sur la lancée)
- Tu es ma mère, tu pourrais m'aider. Surtout que ce n'est pas un manque pour toi, vu que jamais tu ne l'utilises!
- Qui te dit que je ne vais m'en servir demain?
NDL: il pleut depuis une semaine.
NDL 2: Et ma mère travaille - accessoirement - de l'autre coté de la ville.
Qu'elle traverse par autoroute.
(vous laisse comprendre la chose)
Un vélo sur l'autoroute? J'en rigole d'avance.
Encore que si elle avait le bon ton de le faire ET de se faire écraser: jackpot ^^
- Maman, soyons réaliste. Tu n'es jamais là et regarde l'état de délabrement de la maison. Déjà que tu n'as pas le temps de ranger, quand vas-tu faire du vélo?
- Je n'ai pas de comptes à te rendre. C'est non.
NDL: ça, ça veut dire que ma mère n'a plus d'argument. Si jamais, elle en a eu ^^
Mon calme s'en est allé avec son mutisme obstiné.
Les raisins mannes de ma colère ont sauté.
Ca a fait mal.
- Maman, tu es une sale égoiste, capricieuse et méchante.
Mesquine au possible.
Et tu ne vis que pour me nuire.
Tu n'es même pas capable d'appeler ta fille pour prendre des nouvelles quand elle est malade.
Même pas capable de l'aider quand elle en a besoin.
Tu es une femme odieuse.
Garde ton vélo.
(se tourne vers son Amoureuse)
Mon Amour, viens, on s'en va.
Je prend mon manteau et me dirige vers la porte.
Forcément, ma mère n'est pas restée silencieuse à sourire.
Elle a laissé sortir sa vraie nature et tout le reste
- Si tu n'es venue que pour faire des histoires, dégage!
- Je t'emmerde, maman. Papa, je te fais des bisoux!
J'ai attendu que mon père me réponde.
Je suis sortie, dignement. Calmement, sous les cris hystériques de ma mère.
J'ai pris un bon plaisir à l'entendre brayer comme un âne.
Je n'ai pas écouté un traitre mot de ce qu'elle a dit.
(sourit de bonheur)
Ca fait du bien de se soulager.
(rigole doucement)
Mon papi, interrogé sur la question, a été formel.
- Ne me parle pas de ta mère, c'est une vraie désolation.
Il enchaine
- Elle n'a aucun endroit pour le ranger. Je sais bien ce qu'elle va faire. Elle va attendre que tu sois partie et le remettre dans la remise, ici. Si c'est ça, je l'envoie à la casse. Sans lui dire. J'en ai ras le bol de ta mère et de ces caprices! Il est temps qu'elle se calme un peu!
Ah maman, j'oubliais.
Bonne année, hein!
;D
Par Carole Audrey Victoria, Lundi 7 Janvier 2008 à 11:36 GMT+2 dans Mère-fille, une sinécure! (article, RSS)






