L'inquisition au réveil
P'tit Collègue, c'est un amour!
Un A-MOUR, je vous dis!
Hier soir, il est allé chez le patissier oriental que j'aime bien pour me rapporter ce matin, des cornes de gazelles!
Rien que pour moi!!
Alors là, telle que vous me lisez, je machouille d'un air béat, ces délices sucrés.
Et j'ai des étoiles d'adoration de gratitude dans les yeux.
J'adore mon Pe'tit Collègue!
S'il me rapportait aussi une tasse de café en prime, c'est sur, je l'épouse!
NDL: je tiens à vous dire qu'une fois que mon Amoureuse aura lu ces mots - cad dans 5h - , vous serez tous cordialement invités à venir vous recueillir sur ma dépouille, d'ici la fin de la journée.
(raclement de gorge)
Ou alors, elle aura renchéri en me rapportant de Marseille, les meilleurs makrouts que j'ai jamais mangé.
Faut pas rêver, je sais, mais quand même!
Bon, parlons bien, parlons peu.
C'est la dernière fois qu'un billet sur des talons fait suite à un billet sur MES chutes.
Je me tape trop la honte aprés - cf la bardée de commentaires du même sujet ^^
Ceci étant dit, je change de registre.
Ce matin, bouleversement familial, ma mère était de TRES mauvaise humeur.
Récit sanguin mais sans image
Je me lève, complètement à la masse, comme toujours.
Je sors de ma chambre.
Je vois, face à moi, ma mère, bras croisés, l'air furieux.
Mauvaise augure...
Et ça commence
(ton agressif, lèvres pincées)
(ni bonjour, ni merde)
- Ton père me mènera ce matin. Ton grand-père me récupèrera ce soir, comme tu pars plus vite et c'est dégagé.
NDL: mon père a ENCORE des soucis de voiture - comme si la grève ne suffisait pas. Donc, il prend la voiture de ma mère, qui aimerait bien prendre la mienne. C'est le jeu du gros qui mange le petit et ainsi de suite. Sauf que sur ce coup-là, je l'ai joué comme Beckham plus fine: je garde ma voiture, je mène ma génétrice au boulot et la récupère le soir. Si pas contente, le bus et ses pieds peuvent toujours être une solution alternative (ton menaçant).
NDL 2: aujourd'hui, ça ne m'arrangeait pas. Je voulais prendre la poudre d'escampette à 15H30 pour retrouver mon Amoureuse. Avec ma mère à aller chercher à 17h, j'étais carotte - le jeu de mot avec mon prénom ne sera pas accepté, je vous préviens ^^.
Mais ma mère, tellement en colère contre moi, ne voulait plus me voir de la journée.
Moi, ça m'arrangeait! (sourit contente)
- Ok! (ensommeillée)
Surtout, ne pas montrer que ça m'arange, sinon les carottes sont cuites!
NDL: le jeu de mot avec mon prénom ne etc...
Phase 2 de la colère maternelle:
- Tu as vu la tonne de linge qu'il y a dans la chaufferie!! Tu as fait quoi avec les draps? Ca monte jusqu'au plafond!! Je veux que tu me liquides ça, tu entends?!!
Oui.
Même le voisin a entendu.
Bon, ok, lui non plus ne sait pas plus que moi de quoi elle parle, mais il a tout de même fort bien entendu.
Il n'empêche que le matin, c'est le matin sacré, que j'ai levé une paupière y'a pas 10 secondes et que MERDE, on est vendredi - 1 jour avant le we - et qu'il n'y a pas mort d'homme - pas que je sache du moins.
Alors, faut pas pousser mémé de la balustrade!
(moutarde monte)
- Bonjour maman, bien dormi? (ironie de bon matin aie)
- Non, pas bonjour (boude)
Le calme est une vertue. Je suis vertueuse - quelle blague! - donc je me calme.
CQFD
Je tente - on ne sait jamais, tout est possible - de comprendre
- Maman, de quoi tu parles?
- Des draps, du linge que tu as mis dans la chaufferie!!!
(moment intense de réflexion)
(non, pas de somnanbulisme latent)
(pas de souvenir en la matière)
- Maman, je n'ai pas mis tout ce linge. J'ai juste posé ma taie d'oreiller sur la pile - déjà existante - et 2 ou 3 sous vêtements.
Mes parents se regardent, comprennent leur bourde.
(en choeur) - Les draps, c'est pas elle.
- Bin non, désolée
Je m'esquive, traverse les lignes adverses pour atteindre la salle de bain.
Je sens qu'on me tire par le pijama.
- Pardon ma chériiiie. Je pensais que c'était toi alors quand j'ai vu la pile de linge, je me suis mise en colère.
Et ma mère, redevenue douceur, amour et gentillesse, me prend dans ses bras pour un calin forcé.
Moi, toujours dans le coltar, je me laisse faire.
Un calin de ma mère, c'est aussi rare que de gagner 2 fois d'affilée au Loto
- Je note avec quelle rapidité tu me déclares coupable. J'ai bon dos ici.
Je grogne pour la forme. J'ai le droit, non?
Ma mère, caline:
- Pardooooon, chérie.
- Tinquiète pas, maman, tout se paye (part en gloussant)
Mon père, hilare, lache un retentissant:
- Tu es en forme ce matin, ma chérie!
Et l'échos de la salle de bain lui répondit:
- C'est votre faute, parents!
Comme quoi, c'est bien vrai: j'ai TOUJOURS raison le dernier mot!
Sauf que là...
La petite voix en trop a dit:
- Ah bin alors ce soir ma chérie, tu peux quand même venir me chercher au boulot, finalement (ton enjoleur avec des fleurs dans la voix)
Merdum!
Crotte
Zut!
Carrément: MERDE!
L'espoir s'envole en fumée
Ma pitié bonté me perdra
- Mais bien sur maman! (ton hypocrite)
Bon, allez, qui se dévoue pour me sauver la mise, ce soir? 
Par Carole Audrey Victoria, Vendredi 23 Novembre 2007 à 10:25 GMT+2 dans Mère-fille, une sinécure! (article, RSS)






