Outch!
Ma bronchite est quasiment vaincue, ce n'est qu'une question de jours.
Pour moi, en revanche, c'est une autre paire de manche.
En me ballandant avec mon Amoureuse, je tombe nez à nez avec ma grand mère qui se promenait avec un monsieur tout nu. Pas exactement TOUT nu, mais suffisamment dénudé pour ne laisser présager aucun doute sur sa morphologie.
Ma grand-mère rigole bètement, rougis, m'explique qu'elle a rencontré mon voisin et qu'il a eu un coup de chaud. Comme ça, en pleine rue. Et vas-y que je me dézappe devant public.
Normal, quoi.
Ma grand mère, suspicieuse malgré tout, interroge mon Amoureuse sur sa présence ici en pleine semaine.
- Je suis venue voir Carole, elle est malade. Et puis, j'ai des actions dans Diesel
NDL: entre Marseille et ma ville, 100 bornes par trajet. Plus bouchons. Mais sans péage
On s'éloigne.
Moqueuse, j'attrape mon Amoureuse par le cou
- Aloooors, on est venue me voir parce que je suis malaaaaaaaade! Si c'est pas choubidounet tout ça!
Et je lui colle un bisou sur la joue
Sauf que ma grand-mère est une vipère.
Une vipère mais sans les yeux perçants.
Elle s'était arrétée quelques mètres plus loin pour nous regarder partir
Et elle s'est quelque peu fourmiché sur la localisation du bisou.
De la joue, c'est passé sur la bouche.
Dois-je vous décrire les hurlements de ma grand-mère?
Non, c'est inutile, hein?
Tout le quartier les a entendu.
Les cris ET les insultes.
Que font 2 andouillettes stupéfaites?
Bin rien du tout.
On a regardé ma grand-mère courir comme si elle avait le feu au cul.
Abassourdies
Retour à la maison, je croise une maman détendue et calme.
Je raconte l'anecdote.
Maman, toute guillerette, me répond que ma grand-mère est passée
- Belle maman, que vous arrive-t-il? Quelqu'un est mort?!
- Mais non, votre fille!!!
Et vas-y qu'elle tape un scandale
Et que ma mère, superbe, a réorienté vers la sortie une mamie vociférante et éructante.
Avec délectation
- Merci ma chérie! (maman sourire béat) Avec un peu de chance, on n'est pas prêt de la revoir si tôt!
Euh... oui, d'accord
Abassourdies, toujours
Mon père rentre.
NDL: ma mère m'avait tout de même conseillée de l'intercepter avant sa mère
Il claironne joyeusement:
- Bon les filles, et sinon, niveau sexe, ça va?
Nous, encore plus abassourdies, on se coule un regard
On jauge : c'est du lard, du cochon, un pigeon?
- Euh... ça va... euh... merci
Mon père file voir sa mère
Dont le sens du mélodrame est particulièrement développé
Elle l'attend, quasi-mourante, appuyée dramatiquement contre le mur
- Maman, que se passe-t-il? Quelqu'un est mort?!
- Mais non!! Ta fille!!
Et blablabla
Verdict?
Ce soir, confrontation avec ma grand-mère.
Stratégie préconisée par ma mère: nier. Massivement. Tout. En bloc.
D'un coté, c'est pas dur, vu qu'effectivement, il ne s'est RIEN passé.
Mais allez faire entendre raison à une tête de mule myope comme une taupe - corse par dessus le marché.
C'est pas gagné-gagné hein!
Je vous laisse tout de même sur une dernière déclaration de ma mamie
Qui, dans toute sa pondération, son amour et sa générosité a tout de même débité à mon père, une phrase qui restera longtemps dans les annales de la famille:
- A choisir, j'aurai préféré qu'elle [moi] m'annonce qu'elle avait un cancer!
Charmant, n'est ce pas?
Je sais.
C'est ma famille tout ça! 
Par Carole Audrey Victoria, Jeudi 18 Octobre 2007 à 09:46 GMT+2 dans Mes amoureuses péripéthies (article, RSS)





